17.04.2007
Paleographie iberique
Al-Andalus est à mon avis l'un des destins les plus extraordinaires de l'Histoire. Tout y est fascinant, depuis l'épopée de Tarik Ibn Zyad jusqu'aux derniers sultans de Grenade, en passant par les califes de Cordoue bâtisseurs de Madinat al Zahra....
Une autre aventure extraordinaire est celle de l'Italie de la Renaissance, surtout celle du Quattrocento (XVème siècle). Le paradoxe est que cette période artistique extrêmement féconde correspond au plan politique à un véritable désordre, la péninsule italienne étant divisée en une multitude de micro-Etats, dont beaucoup de républiques oligarchiques comme à Florence ou à Venise.
Mais l'ordre politique n'est pas nécessaire à l'épanouissement culturel. On peut presque faire un parallèle avec Al-Andalus divisée en principautés rivales avec la chute du califat omeyyade (l'époque des taifas). Pendant cette période d'anarchie, Al-Andalus a continué à produire des chefs d'oeuvre esthétiques dignes des ateliers califaux de Madinat al Zahra. C'est presque la même chose en Italie où en toile de fond des guerres péninsulaires se développaient les talents exceptionnels de Boticcelli, de Verrochio, de Da Vinci ou de Michelangello. Comme si cette recherche, cette quête effrénée à la perfection artistique, pouvait suppléer d'un réel réconfort en regard des affres de l'anarchie ambiante.
Et tandis que s'achève le destin d'Al-Andalus se produit le prodige de l'Italie de cet époustouflant Quattrocento.
Ce qui réunit tous ces destins, c'est la date mythique, presque magique de 1492....
En 1492, tandis que le dernier sultan de Grenade donne les clés de l'Alhambra aux souverains catholiques Isabelle et Ferdinand avant de s'embarquer pour Fès, décède à Florence Lorenzo di Piero de Medici, plus connu sous le nom de Laurent le Magnifique.
Laurent fut l'un des membres les plus illustres de la famille des Médicis. Il était à la tête d'un empire commercial et bancaire qui étendait ses succursales jusqu'à Londres, Bruges et Lyon. Il était le véritable chef de la république florentine, et toute la fortune dont il disposait lui avait permis de financer les artistes, de se conduire en véritable mécène. Son surnom de Magnifique lui venait de l'éclat exceptionnel qu'il avait donné à Florence, et les plus belles oeuvres artistiques que l'on peut y admirer aujourd'hui sont son héritage direct. Toutes ces sculptures et ces peintures apparaissent comme une course à la perféction esthétique, et elles expriment assez bien la recherche contemporaine de l'harmonie humaniste et mathématique, de la science des proportions mise au service d'un idéal philosophique.
Mais un tel éclat suscitait des jalousies, chez les familles rivales, celle des Albizzi et surtout celle des Pazzi. Un joyau comme Florence excitait bien des convoitises, dont celles du pape, puis celle du roi d'Aragon Ferdinand qui était également roi de Naples, et puis celles des rois de France, à commencer par Charles VIII...
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